Protocole de fermeture des incisions orthopédiques chez le chien
Découvrez le protocole complet pour la fermeture des incisions orthopédiques chez le chien, incluant techniques, erreurs courantes et meilleures pratiques.
Ce contenu est destiné aux professionnels de la santé animale à des fins éducatives. Il ne se substitue pas au jugement clinique ni à des conseils personnalisés. Fiez-vous toujours à votre formation, à votre expertise et au contexte spécifique de vos patients.

Les incisions orthopédiques diffèrent des incisions des tissus mous à plusieurs égards importants. Elles sont situées au niveau des articulations ou des os, sont soumises à une tension liée au mouvement dès le réveil du chien après l’anesthésie, et le travail chirurgical sous-jacent — coupes osseuses, placement d’implants ou reconstruction articulaire — dépend de l’intégrité structurelle de la fermeture sus-jacente pour rester protégée pendant la cicatrisation.
Une défaillance de la fermeture sur un site orthopédique n’est pas seulement un problème de plaie. C’est une voie potentielle vers une infection de l’implant, une septicémie articulaire ou la perte de la réparation chirurgicale elle-même.
Réponse rapide : La fermeture orthopédique chez le chien se fait en couches : capsule articulaire (si ouverte), couche fasciale profonde, tissu sous-cutané et peau. La fermeture de la capsule articulaire utilise un monofilament résorbable solide (PDS 0 à 2-0) en points séparés ou continus ; cette couche restaure l’intégrité articulaire. La fascia et les tissus profonds utilisent du PDS ou du Biosyn. La couche sous-cutanée utilise du Monocryl ou du Vicryl. La peau est fermée avec du nylon interrompu, du Prolene ou des agrafes. Tous les points externes sont retirés entre 10 et 14 jours. La restriction d’activité pendant cette période est obligatoire.
Points clés
- La fermeture de la capsule articulaire est la couche la plus critique dans les chirurgies articulaires, elle restaure l’étanchéité synoviale et la stabilité articulaire.
- Le PDS (polydioxanone) est la norme pour la fermeture de la capsule articulaire et de la fascia profonde en raison de sa longue tenue mécanique.
- La tension liée au mouvement rend les incisions orthopédiques plus à risque de déhiscence que les incisions abdominales.
- Les agrafes sont couramment utilisées pour la fermeture cutanée en orthopédie car elles sont rapides et tolèrent certains mouvements.
- La restriction d’activité pendant 10 à 14 jours est plus critique en orthopédie qu’en chirurgie des tissus mous.
- Une infection sur un site orthopédique peut atteindre les implants ou l’espace articulaire, rendant le traitement beaucoup plus difficile.
Comment les incisions orthopédiques diffèrent des tissus mous
Localisation sur os ou articulation : l’incision doit être fermée avec une résistance suffisante à la tension pour supporter les mouvements et la charge du chien. À chaque mouvement ou appui, la fermeture est soumise à une charge dynamique.
Implants sous-jacents : de nombreuses interventions orthopédiques impliquent des plaques, vis, broches ou composants prothétiques. Ces implants ne peuvent pas monter de réponse immunitaire ; si des bactéries les atteignent par une défaillance de fermeture, l’infection devient extrêmement difficile à résoudre sans retrait de l’implant.
Exposition de l’espace articulaire : les procédures qui ouvrent la capsule articulaire (réparation de fracture articulaire, remplacement articulaire, conversion d’arthroscopie en chirurgie ouverte) créent une communication directe entre la surface cutanée et l’espace articulaire pendant la chirurgie. La fermeture doit restaurer complètement cette barrière.
Pour comprendre comment les principes de fermeture en couches s’appliquent dans ce contexte, voir fermeture en couches dans les incisions orthopédiques.
Couche 1 : Capsule articulaire (lorsqu’elle est ouverte)
Pourquoi c’est la fermeture la plus critique
La capsule articulaire contient le liquide synovial et forme l’environnement étanche dans lequel l’articulation fonctionne. Lorsqu’elle est ouverte pour la chirurgie, elle doit être fermée de manière à :
- Restaurer l’étanchéité synoviale (empêcher la fuite de liquide articulaire)
- Maintenir la stabilité mécanique de l’articulation
- Ne pas restreindre le mouvement articulaire
Patron : points simples interrompus ou continus simples, selon la longueur de la capsule et la préférence du chirurgien. Les points interrompus permettent un ajustement individuel et évitent un point de défaillance unique si un point est compromis.
Matériel : PDS 0 à 2-0 (monofilament résorbable, tenue longue durée). Le Biosyn est une alternative avec un profil d’absorption similaire.
Profondeur de prise : points en pleine épaisseur à travers la paroi de la capsule pour assurer un engagement structurel. La capsule est relativement fine mais résistante ; les points en épaisseur partielle ne tiennent pas de manière fiable sous le mouvement articulaire.
Couche 2 : Fascia profond et fascia musculaire
Après la fermeture de la capsule articulaire (si applicable), les couches fasciales profondes recouvrant le site chirurgical sont fermées.
Patron : continu simple ou interrompu, selon la longueur et la complexité de l’incision fasciale.
Matériel : PDS 0 à 2-0, adapté à la taille du patient et à l’épaisseur des tissus. Les mêmes considérations que pour la fermeture fasciale abdominale s’appliquent : le matériel doit conserver sa résistance pendant 4 à 6 semaines le temps que la fascia cicatrise.
Principe clé : les points doivent engager la couche fasciale, pas seulement le ventre musculaire au-dessus. Le tissu musculaire n’est pas porteur de charge dans ce contexte, il se déchire sous la charge répétée d’un chien en marche.
Pour la technique de fermeture fasciale et son importance pour la résistance, voir fermeture de la couche fasciale en contexte orthopédique.
Couche 3 : Tissu sous-cutané
La fermeture sous-cutanée en orthopédie remplit la même fonction que dans les autres chirurgies : éliminer l’espace mort sous la peau pour prévenir la formation de sérome et réduire le risque d’infection.
Patron : continu simple résorbable.
Matériel : Monocryl 2-0 à 3-0, ou Vicryl de taille équivalente. Le Monocryl est préféré dans les cas à haut risque infectieux (comme les chirurgies de révision ou les patients avec infections antérieures).
Principe clé : fermer le tissu sous-cutané en une étape distincte de la fascia profonde. En orthopédie, avec une dissection importante des tissus mous, il peut y avoir un espace mort substantiel qui nécessite une attention particulière.
Couche 4 : Peau
La fermeture cutanée en chirurgie orthopédique présente deux considérations spécifiques non partagées par toutes les chirurgies des tissus mous :
Pression liée au mouvement : le membre bouge constamment pendant la convalescence. Même avec une restriction stricte de l’activité, le chien déplace son poids, tourne et se repositionne. La fermeture cutanée doit tolérer cela sans se desserrer.
Conformité au collier élisabéthain : les chiens en convalescence après chirurgie orthopédique peuvent ne pas tolérer un collier élisabéthain s’il gêne la position du membre. Évaluer cela avant de choisir la méthode de fermeture cutanée.
Choix courants pour la fermeture cutanée orthopédique :
Pour le timing du retrait des sutures cutanées orthopédiques, voir timing du retrait des sutures après fermeture orthopédique. Pour le protocole complet de fermeture TPLO spécifiquement, voir protocole de fermeture spécifique TPLO.
Risque infectieux dans la fermeture orthopédique
L’infection du site chirurgical orthopédique (SSI) a des conséquences au-delà d’une infection de plaie des tissus mous. Les bactéries qui atteignent la surface de l’implant forment un biofilm qui résiste à la fois à la réponse immunitaire de l’hôte et à la pénétration des antibiotiques.
Facteurs de risque pour le SSI orthopédique :
- Présence d’implant (plaques, vis, prothèses)
- Durée prolongée de la chirurgie
- Environnement contaminé ou chirurgie de révision
- Mauvaise manipulation des tissus lors de la fermeture
- Élimination inadéquate de l’espace mort
Pratiques de fermeture réduisant le risque infectieux :
- Matériaux monofilaments dans toutes les couches enfouies
- Fermeture rigoureuse de l’espace mort sous-cutané
- Quantité minimale de matériel de suture compatible avec une résistance adéquate
- Fermeture cutanée intradermique ou interrompue minimisant les zones accessibles au léchage externe
Pour le risque infectieux et la technique de fermeture dans un contexte plus large, voir facteurs de risque infectieux dans la fermeture.
Surveillance post-opératoire des incisions orthopédiques
Les premières 72 heures : période de risque maximal pour les complications aiguës. Surveiller :
- Œdème excessif autour de l’incision (au-delà du gonflement post-opératoire normal)
- Écoulement de la plaie
- Changements comportementaux suggérant une douleur (refus de manger, immobilité, vocalisations excessives)
Jours 3 à 10 : la plaie est en phase active de cicatrisation. Surveiller :
- Points restant intacts et bords de plaie apposés
- Diminution progressive de l’œdème
- Absence de fièvre ou de signes d’affection systémique
Jours 10 à 14 : visite de contrôle et retrait des points. Le vétérinaire évaluera la cicatrisation avant de retirer les sutures. Dans les incisions à haute tension ou soumises au mouvement, certains points peuvent être laissés jusqu’au jour 14 même si la plaie semble cicatrisée au jour 10.
Pour la liste de contrôle de la surveillance post-opératoire applicable aux incisions orthopédiques, voir surveillance post-opératoire après fermeture orthopédique.
Questions fréquentes
Mon chien a eu une chirurgie TPLO et le vétérinaire a utilisé des agrafes sur la peau. Est-ce standard ?
Oui. Les agrafes sont couramment utilisées pour la fermeture cutanée orthopédique car elles sont rapides à poser et tolèrent mieux certains mouvements que les points fins interrompus. Les études publiées confirment des résultats de cicatrisation équivalents aux sutures pour les incisions droites. La visite pour retirer les agrafes à 10-14 jours est une procédure brève et peu stressante.
Pourquoi la restriction d’activité est-elle si importante après une fermeture orthopédique ?
Chaque fois que le chien court, saute ou bouge brusquement, la fermeture au niveau de l’articulation ou de l’os subit une charge dynamique. Avant la cicatrisation des tissus, cette force peut arracher les points, ouvrir la plaie ou perturber la réparation profonde de la capsule articulaire. Une activité strictement en laisse pendant les 10 à 14 premiers jours protège la fermeture pendant sa cicatrisation.
La plaie semble cicatrisée au jour 10 mais le vétérinaire veut attendre jusqu’au jour 14. Pourquoi ?
Les incisions orthopédiques sont soumises à plus de stress mécanique que les incisions abdominales. Même lorsque la surface semble cicatrisée, les couches profondes fasciales et de la capsule articulaire sont encore en phase précoce de réparation. Le vétérinaire fait preuve de prudence appropriée en retardant le retrait prématuré des sutures dans un site de fermeture à haute contrainte.
La fermeture orthopédique est la fermeture la plus à risque en chirurgie des petits animaux. Une défaillance ne signifie pas seulement une ouverture de plaie, elle signifie que la réparation chirurgicale sous-jacente est exposée, potentiellement contaminée et en danger. Le protocole couche par couche existe pour créer une redondance dans la fermeture afin qu’aucune couche unique ne supporte tout le risque.
Ressources
- Clinician's Brief. How to Fine-Tune Suture Choices for Today's Veterinarian.cliniciansbrief.com
- VCA Animal Hospitals. Care of Surgical Incisions in Dogs.vcahospitals.com
- Veterian Key. Selection of Suture Materials, Suture Patterns, and Drains for Wound Closure.veteriankey.com
Get a Free Poster
Enhance your workspace with a high-quality radiographs reference poster, designed for veterinary professionals. This free physical poster will be shipped directly to you—just fill out the form to request your copy.


