Peut-on attraper le MRSP des chiens ? Ce qu'il faut savoir
Découvrez si les humains peuvent contracter le MRSP des chiens, les risques, la prévention et les bonnes pratiques à adopter.
Ce contenu est destiné aux professionnels de la santé animale à des fins éducatives. Il ne se substitue pas au jugement clinique ni à des conseils personnalisés. Fiez-vous toujours à votre formation, à votre expertise et au contexte spécifique de vos patients.

La plupart des personnes qui posent cette question sont assises à côté d’un chien qui vient de recevoir un diagnostic de MRSP. La réponse honnête est : techniquement oui, pratiquement à faible risque pour les adultes en bonne santé, et significativement plus élevée pour les personnes immunodéprimées.
Voici ce que montrent réellement les recherches.
Réponse rapide : Le MRSP peut se transmettre des chiens aux humains, mais l’infection humaine est rare. MedVet évalue le risque pour les adultes en bonne santé à 1 à 2 sur 10 ; pour les personnes immunodéprimées à 3 sur 10. La plupart des expositions humaines entraînent une colonisation temporaire (présence de bactéries sans infection active), et non une maladie active. Le lavage des mains, éviter le contact avec les plaies, et le port de gants lors des soins des plaies sont les précautions efficaces pour la plupart des foyers.
Points clés
- Le MRSP est zoonotique : la transmission entre chiens et humains est documentée mais rare.
- Les adultes en bonne santé ont un faible risque d’infection (1 à 2 sur 10 selon MedVet).
- Les personnes immunodéprimées présentent un risque plus élevé et doivent minimiser le contact direct avec les chiens positifs au MRSP.
- La portage humain est généralement de courte durée : les études longitudinales montrent que les humains portent le MRSP brièvement ; les chiens le portent pendant des mois.
- Le MRSP se transmet aux humains aussi facilement que le staphylocoque sensible, mais il est plus difficile à traiter s’il infecte.
- Une quarantaine complète n’est pas nécessaire : l’hygiène standard suffit pour la plupart des foyers.
Ce que montrent les recherches sur la transmission du MRSP du chien à l’humain
Taux de portage chez l’humain vs. chez le chien
Une étude allemande sur la colonisation des foyers (PMC9024920) portant sur 84 foyers a trouvé S. pseudintermedius chez 37,5 % des chiens mais seulement 0,6 % des humains, confirmant que même dans les foyers possédant des chiens avec contact rapproché régulier, la colonisation humaine reste rare.
Une recherche longitudinale citée dans PMC9415945 a montré que « les chiens portaient le MRSP pendant de longues périodes (plusieurs mois), tandis que le portage chez l’humain était rare et de courte durée. Le portage humain est donc considéré comme une contamination plutôt qu’une colonisation. »
Cette distinction est importante : la contamination (bactéries transitoirement sur la peau) est très différente de la colonisation (bactéries établissant une population stable). Les chiens colonisent ; la plupart des humains exposés sont contaminés de façon transitoire puis éliminent les bactéries sans intervention.
Quand la transmission se produit
Une étude sur la transmission zoonotique (PMC10663588) a confirmé que l’interaction étroite entre chiens et humains peut faciliter l’échange de souches de MRSP, et que les propriétaires de chiens, les vétérinaires de petits animaux et les personnes en contact fréquent avec des chiens sont les populations principalement exposées.
Le risque est plus élevé en cas de :
- Manipulation directe de plaies infectées ou de lésions suintantes sans gants
- Laisser le chien lécher le visage ou une peau ouverte
- Partage de la literie avec un chien positif au MRSP
- Foyers avec plusieurs chiens où le MRSP est présent chez plus d’un animal
Le blog Worms & Germs (Dr Scott Weese) résume cela avec justesse : « Le MRSP n’est pas plus susceptible de se transmettre aux humains que le S. pseudintermedius sensible, il est juste plus difficile à éliminer lorsqu’il faut le traiter. »
Qui est le plus à risque
Adultes en bonne santé
Risque faible mais non nul. MedVet l’évalue à 1 à 2 sur 10 sur une échelle de risque à 10 points. Pour la plupart des adultes en bonne santé vivant avec un chien positif au MRSP, l’exposition aboutit soit à aucune colonisation, soit à une colonisation transitoire brève qui disparaît sans traitement.
L’infection humaine par le MRSP chez les adultes immunocompétents est rapportée dans des cas isolés mais reste rare dans la surveillance épidémiologique.
Personnes immunodéprimées
MedVet l’évalue à 3 sur 10, ce qui reste modéré en termes absolus, mais nettement plus élevé que pour les adultes en bonne santé. Groupes à risque accru :
- Personnes vivant avec le VIH/SIDA, cancer ou transplantations d’organes
- Personnes sous traitements immunosuppresseurs (chimiothérapie, corticostéroïdes à forte dose, biothérapies)
- Personnes âgées avec fonction immunitaire réduite
- Personnes avec plaies ouvertes, eczéma ou autres ruptures de la barrière cutanée
- Bébés et jeunes enfants de moins de 5 ans
PMC10057476 (revue affiliée au Lancet) confirme : le MRSP « a été rapporté comme associé à des infections cutanées et des tissus mous et parfois à des infections invasives chez l’humain, en particulier chez les propriétaires de chiens immunodéprimés. »
Pour les membres immunodéprimés du foyer : la ressource Worms & Germs pour les propriétaires de MRSP recommande d’« éviter tout contact avec un animal colonisé ou infecté par le MRSP. »
Professionnels vétérinaires
Les vétérinaires de petits animaux et le personnel vétérinaire sont exposés professionnellement au MRSP provenant de plusieurs chiens, y compris des chiens positifs au MRSP dans les cas chirurgicaux et dermatologiques. Des données publiées sur des épidémies (DVM360) ont trouvé un portage de MRSP chez un chirurgien, deux infirmières chirurgicales et les chiens des membres du personnel dans une clinique vétérinaire. L’exposition professionnelle constitue une catégorie distincte de la possession d’animaux domestiques.
À quoi ressemble une infection humaine à MRSP
Lorsque le MRSP cause une infection humaine, les présentations documentées dans des cas cliniques incluent :
- Infections cutanées et des tissus mous (les plus fréquentes chez l’humain)
- Infections de plaies, particulièrement chez les patients immunodéprimés
- Infections urinaires (dans des cas rapportés)
- Infections invasives chez les patients sévèrement immunodéprimés (rares)
Les infections humaines sont souvent mal identifiées : PMC10057476 note que la transmission zoonotique du MRSP « est encore largement sous-reconnue et souligne une lacune importante » en partie due à la « mauvaise identification de S. pseudintermedius comme S. aureus » dans les laboratoires cliniques.
Si vous développez une infection cutanée inexpliquée après un contact prolongé avec un chien positif au MRSP, informez votre médecin que votre chien est porteur de MRSP. Ce contexte aide à garantir des tests de laboratoire appropriés.
Précautions pratiques pour les foyers
Pour la plupart des foyers avec un chien positif au MRSP, une quarantaine complète n’est pas nécessaire. MedVet : « Une quarantaine complète n’est pas nécessaire, mais utilisez le bon sens pour réduire l’exposition. »
Précautions standard (tous les foyers)
- Lavez-vous les mains avec du savon et de l’eau pendant 20 secondes après avoir manipulé le chien, les pansements ou la literie du chien
- Ne laissez pas le chien lécher les visages, les plaies ouvertes ou la peau abîmée
- Portez des gants jetables lors de l’application de traitements topiques sur les plaies
- Désinfectez régulièrement les surfaces partagées (sols, lits pour chiens, gamelles)
Précautions renforcées (membres immunodéprimés du foyer)
- Minimisez le contact physique direct avec le chien infecté pendant l’infection active
- Pas de contact avec les plaies ou lésions pour les personnes immunodéprimées
- Consultez le médecin de la personne immunodéprimée pour des conseils spécifiques
Restrictions sociales pendant l’infection active
MedVet recommande : « éviter les garderies pour chiens, les parcs à chiens, et éviter les personnes immunodéprimées » pendant l’infection active au MRSP. Ce sont des mesures de bon sens pour éviter la propagation du MRSP à d’autres chiens et réduire l’exposition des personnes vulnérables.
Pour des conseils complets sur l’hygiène à domicile pendant une infection au MRSP, voir hygiène à domicile pendant une infection au MRSP. Pour comprendre comment les chiens acquièrent et transmettent le MRSP, voir comment les chiens acquièrent le MRSP. Pour les causes et symptômes du MRSP en détail, voir causes et symptômes du MRSP.
MRSP vs. MRSA : lequel présente un plus grand risque pour l’humain ?
Le MRSP et le MRSA sont souvent confondus. Les profils de risque zoonotique diffèrent :
MRSA : transmission humaine mieux documentée ; bidirectionnelle entre humains et chiens ; plus établie dans les milieux cliniques humains ; préoccupation significative pour les foyers de professionnels de santé.
MRSP : risque d’infection humaine plus faible que le MRSA ; organisme adapté au chien qui ne s’établit pas aussi facilement chez l’humain ; lorsqu’il s’établit, il peut causer des infections graves chez les patients immunodéprimés ; S. pseudintermedius est souvent mal identifié comme S. aureus dans les laboratoires humains, ce qui peut masquer l’incidence réelle du MRSP.
Pour une comparaison complète, voir MRSP et MRSA comparés.
Questions fréquemment posées
Mon chien a le MRSP. Dois-je en informer mon médecin ?
Oui, si vous êtes immunodéprimé, avez des plaies ouvertes, ou développez une infection cutanée inexpliquée pendant ou après le traitement MRSP de votre chien. Fournir ce contexte à votre médecin lui permet de demander les tests de laboratoire appropriés. Les adultes en bonne santé avec une peau intacte qui suivent les précautions d’hygiène standard n’ont généralement pas besoin d’évaluation médicale sauf en cas de symptômes.
Mon enfant peut-il attraper le MRSP de notre chien ?
Le risque est faible pour les enfants en bonne santé. Les bébés et jeunes enfants de moins de 5 ans peuvent avoir des contacts plus fréquents avec les chiens (contact facial, partage de surfaces de couchage) augmentant l’exposition, et leur système immunitaire n’est pas complètement mature. Pendant une infection active au MRSP, limiter le contact rapproché au visage et assurer le lavage des mains après contact avec le chien sont des précautions appropriées pour les foyers avec de jeunes enfants.
Le traitement du MRSP chez mon chien réduit-il mon risque ?
Oui. Réduire la charge bactérienne sur le chien (par thérapie antiseptique topique et, si nécessaire, antibiotiques systémiques) diminue directement la quantité de MRSP libérée dans l’environnement du foyer. Le traitement efficace du chien est en soi une mesure de réduction du risque pour le foyer.
Le MRSP est une préoccupation zoonotique réelle : ce n’est pas une raison de paniquer, ni de minimiser. Les recherches montrent une faible transmission aux adultes en bonne santé, un risque significatif pour les personnes immunodéprimées, et une hygiène standard suffisante pour protéger la plupart des foyers. Si votre foyer comprend des membres immunodéprimés, discutez de la situation avec votre vétérinaire et leur médecin.
Ressources
- MedVet. Méthicilline-Résistant Staphylococcus Pseudintermedius (MRSP) chez les chiens et chats.medvet.com
- Worms & Germs Blog (Dr Scott Weese). Transmission du Staph pseudintermedius du chien à l’humain.wormsandgermsblog.com
- Sieber et al. Colonisation des chiens et de leurs propriétaires par S. aureus et S. pseudintermedius. PMC, 2022. ncbi.nlm.nih.gov
- Pinchbeck et al. Transmission intra-foyer de S. pseudintermedius. PMC, 2022. ncbi.nlm.nih.gov
- Ramírez et al. Colonisation et infection humaine par S. pseudintermedius. PMC, 2023. ncbi.nlm.nih.gov
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