Imagerie et diagnostics avant orientation : essentiels et timing
Découvrez quels examens d'imagerie et diagnostics sont essentiels avant une orientation médicale et quand les réaliser pour un suivi optimal.
Ce contenu est destiné aux professionnels de la santé animale à des fins éducatives. Il ne se substitue pas au jugement clinique ni à des conseils personnalisés. Fiez-vous toujours à votre formation, à votre expertise et au contexte spécifique de vos patients.

Une référence bien préparée fait gagner du temps au spécialiste, évite des examens redondants aux frais du propriétaire et permet une première consultation plus productive.
Une référence mal préparée — radiographies manquantes, vues incorrectes ou absence de résumé clinique — oblige le spécialiste à repartir de zéro et peut retarder le diagnostic et le traitement.
Réponse rapide : Avant une référence orthopédique, prenez au minimum deux vues radiographiques orthogonales sous sédation, réalisez un bilan sanguin de base pour tout patient susceptible d’avoir besoin d’une chirurgie, et rédigez un résumé clair de la référence. La tomodensitométrie (CT) et l’IRM ne sont pas systématiquement requises avant la référence ; la plupart des spécialistes préfèrent les réaliser en interne selon leurs propres protocoles.
Points clés
- Deux vues radiographiques orthogonales sont le minimum pour toute référence orthopédique : latérale et craniocaudale/médiolatérale — une seule vue est insuffisante
- La sédation améliore la qualité des radiographies : un positionnement précis permet de détecter des lésions subtiles ; les clichés sans sédation sont souvent non diagnostiques
- Envoyez des fichiers DICOM, pas des films imprimés : les fichiers numériques permettent au spécialiste d’ajuster le contraste et le zoom ; les films imprimés sont de qualité inférieure
- La CT et l’IRM sont généralement réalisées au centre spécialisé : adressez la référence avant CT/IRM sauf si le spécialiste demande spécifiquement des images préalables
- Un bilan sanguin de base est essentiel pour tout patient susceptible de nécessiter une anesthésie chirurgicale : NFS et biochimie au minimum
- Un résumé écrit clair de la référence avec les observations de la démarche, la durée de la boiterie et les traitements antérieurs apporte plus de valeur que des images supplémentaires seules
Pourquoi l’imagerie pré-référence est importante
La partie la plus importante de l’examen orthopédique — et probablement la plus importante du bilan — est de tenter de localiser la cause de la boiterie à une seule articulation ou un seul os.
Les radiographies réalisées en pratique de soins primaires ont plusieurs objectifs : confirmer la localisation anatomique, éliminer les diagnostics différentiels, fournir au spécialiste des images de référence et identifier des constatations concomitantes que le propriétaire doit connaître.
Une mauvaise qualité d’imagerie, l’absence de tests de base essentiels et une communication floue avec les spécialistes peuvent entraîner des diagnostics retardés et des plans de traitement inefficaces.
Radiographie : la modalité pré-référence essentielle
Minimum deux vues orthogonales
Prenez toujours au moins deux vues orthogonales (par exemple, latérale et craniocaudale/médiolatérale). Utilisez des vues en stress ou obliques pour l’instabilité articulaire (par exemple, rupture du CCL, dysplasie du coude). Assurez une sédation appropriée pour un positionnement précis, notamment pour les radiographies pelviennes ou spinales.
Une seule vue latérale n’est pas suffisante pour la référence. Les fractures, corps libres articulaires et les motifs d’ostéophytes nécessitent deux plans pour être caractérisés. Des constatations subtiles visibles sur une vue peuvent être absentes sur une autre.
Sédation pour le positionnement : les radiographies sans sédation chez des patients douloureux sont souvent tournées, raccourcies ou sous-exposées. Ces clichés réduisent la valeur diagnostique et peuvent obliger à refaire des images au centre spécialisé — un coût que le propriétaire paie deux fois. La sédation est appropriée et généralement brève pour le positionnement orthopédique.
Vues spécifiques selon la condition
Envoi des fichiers numériques
Envoyez au format DICOM lorsque c’est possible. Les fichiers numériques permettent au spécialiste d’ajuster les réglages de fenêtre et de niveau, de zoomer sur les zones d’intérêt et d’utiliser des outils de mesure.
Les films imprimés ou les photographies JPEG des films sont nettement inférieurs et doivent être évités.
Quand réaliser une CT avant la référence
La CT est nettement plus sensible que la radiographie pour :
- Maladie du processus coronoïde médial (dysplasie du coude)
- Fractures périarticulaires complexes
- Évaluation de la compression de la moelle épinière
- Pathologies des cavités nasales et dentaires
Les radiographies thoraciques fournissent un dépistage métastatique et pré-anesthésique. Aucune radiographie supplémentaire n’est nécessaire si le patient sera adressé pour imagerie avancée.
La plupart des centres spécialisés préfèrent réaliser la CT en interne selon leurs propres protocoles. Adresser un patient avec une CT déjà réalisée peut être contre-productif si le protocole ne répond pas aux exigences du spécialiste.
Sauf demande spécifique du spécialiste pour une CT pré-référence, les radiographies seules sont appropriées.
Exception : si la CT est facilement disponible dans votre pratique, de bonne qualité, et que le spécialiste a confirmé qu’il acceptera vos images, une CT pré-référence pour dysplasie du coude ou fractures complexes est précieuse.
IRM avant la référence
L’IRM est supérieure à la CT pour le détail des tissus mous : moelle épinière, cerveau, tendons et ligaments. Elle n’est presque jamais requise avant la référence.
L’IRM nécessite une anesthésie générale et un temps de scan important. Les centres spécialisés la réalisent selon leurs propres protocoles et préfèrent interpréter leurs propres études.
Adresser un patient avec des images IRM d’un autre centre crée des difficultés d’interprétation qui peuvent ralentir, et non accélérer, le diagnostic.
Diagnostics de laboratoire
Réalisez les tests de laboratoire de base (NFS, biochimie, analyse du liquide articulaire si nécessaire) avant de référer le cas.
Bilan sanguin pré-référence :
- NFS : détecte anémie, leucocytose (infection/inflammation), thrombocytopénie
- Panel biochimique : fonction rénale et hépatique essentielle avant toute anesthésie
- Pertinent pour : tout patient susceptible de nécessiter une anesthésie chirurgicale au centre spécialisé
Quand l’analyse du liquide articulaire apporte une valeur ajoutée :
- Polyarthrite immuno-médiée suspectée
- Épanchement articulaire sans cause traumatique ou dégénérative claire
- Arthrite septique suspectée
Dans les cas orthopédiques chroniques, les diagnostics de laboratoire aident à différencier les maladies dégénératives des affections immuno-médiées ou infectieuses, fournissant un tableau clinique plus complet. Le taux de protéine C-réactive indique une inflammation active, fréquemment observée dans l’arthrite immuno-médiée. L’analyse du liquide synovial aide à évaluer une infection, une polyarthrite immuno-médiée ou une maladie articulaire dégénérative.
Le résumé de la référence
Une lettre de référence bien rédigée apporte une valeur que aucune imagerie ne peut remplacer :
Inclure :
- Identification et poids corporel
- Durée et évolution de la boiterie
- Quels membres et quelles articulations à l’examen palpatoire
- Résultats de l’évaluation de la démarche (grade de boiterie, schéma)
- Résultats des tests orthopédiques (tiroir crânial, compression tibiale, Ortolani)
- Diagnostics différentiels envisagés
- Traitements antérieurs et réponse
- Raison de la référence et ce que vous demandez au spécialiste
Restez concis. Un résumé d’une page couvrant les points ci-dessus est bien plus utile que trois pages de notes non formatées.
Pour le cadre de communication avec le spécialiste, voir comment optimiser la communication entre praticiens généralistes et chirurgiens orthopédistes.
Pour ce qui se passe lors de la consultation spécialisée, voir à quoi s’attendre lorsque votre patient voit un spécialiste orthopédique.
Pour les critères de décision de référence, voir quand référer pour chirurgie orthopédique : cas chirurgicaux vs non chirurgicaux.
Questions fréquemment posées
Dois-je sédater le chien pour les radiographies pré-référence ?
Oui, pour la plupart des cas orthopédiques. La sédation améliore significativement la précision du positionnement. Les clichés sans sédation chez des patients douloureux sont souvent tournés ou raccourcis et peuvent ne pas fournir d’informations diagnostiques.
Une sédation brève pour le positionnement est appropriée et standard dans la plupart des centres spécialisés pour leur propre imagerie.
Le centre spécialisé est loin. Dois-je essayer de faire une CT d’abord ?
Seulement si le spécialiste a spécifiquement demandé une CT pré-référence et que vous pouvez atteindre la qualité de protocole requise. Sinon, les radiographies suffisent pour la référence.
Une CT réalisée sans les directives de protocole du spécialiste peut ne pas répondre à leurs exigences d’imagerie et pourrait entraîner que le propriétaire paie une CT répétée au centre spécialisé.
Dans quel format dois-je envoyer les radiographies ?
Format DICOM autant que possible. Si le DICOM n’est pas disponible, les images non compressées de la plus haute résolution que vous pouvez exporter.
Évitez de photographier les films avec un téléphone portable — ces images ne sont pas diagnostiquement utiles et donnent une mauvaise impression de la préparation du cas.
Le bilan sanguin est-il toujours requis avant la référence ?
Pas en cas d’urgence. Pour les références électives ou semi-urgentes où une anesthésie chirurgicale est prévue, le bilan sanguin fournit des informations de sécurité essentielles.
Il est préférable de le réaliser en pratique de soins primaires pour permettre une interprétation des résultats par quelqu’un qui connaît l’historique du patient.
Mes radiographies montrent seulement des modifications légères. Dois-je quand même référer ?
Oui, si les signes cliniques le justifient. La sévérité radiographique ne correspond pas toujours à la sévérité clinique. Un chien avec des modifications radiographiques légères mais une boiterie significative affectant la qualité de vie mérite une évaluation spécialisée.
Inversement, une arthrose radiographique sévère chez un chien bien fonctionnel peut ne pas nécessiter une référence urgente.
Ressources
- SustainableVet. Essential Imaging and Diagnostics Before Vet Referrals.sustainablevet.org
- MSPCA-Angell. Radiographic Approach to Bone Imaging.mspca.org
- Today's Veterinary Practice. Advanced Imaging: Its Place in General Practice.todaysveterinarypractice.com
- SustainableVet. When to Refer: Surgical vs Non-Surgical Orthopedic Cases.sustainablevet.org
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